GTA 6 : 25 M d'unités jour 1, 7,6 Md $ en 60j ?
Ce que prédisent les analystes
La projection la plus agressive vient de Konvoy et de son associé Josh Chapman. Leur modèle se base sur un prix de 80 dollars, dix millions de précommandes déjà engagées avant la sortie pour 800 millions de dollars, et un revenu de microtransactions estimé à 20 dollars par joueur et par mois sur GTA Online et l'abonnement GTA+. Le résultat :
- Jour 1 : 25 millions d'unités, 2 milliards de revenus
- Semaine 1 : 40 millions d'exemplaires
- 60 jours : 85 millions d'exemplaires, 7,66 milliards combinés
- Rentabilisation du budget de 2 milliards : moins de 30 jours
DFC Intelligence reste plus prudent : 40 millions d'unités et environ 3,2 milliards sur les douze premiers mois. Le Financial Times table sur le même ordre de grandeur, avec environ un milliard de dollars déjà bloqué en précommandes avant le jour 1.
Michael Pachter, analyste chez Wedbush, joue sa partition à part. Il pense que Take-Two peut tester un prix de 100 dollars sur une édition deluxe (avec une grosse cagnotte GTA Online en bonus), et prédit 10 milliards de revenus sur la durée de vie du jeu, plus 500 millions par an pour GTA Online une fois la nouvelle carte lancée. Pour Take-Two, l'exercice fiscal 2027, qui couvre la fenêtre de lancement, est aujourd'hui estimé à environ 11,9 milliards de dollars de réservations.
GTA V, le seul vrai étalon
En septembre 2013, GTA V a vendu 11,21 millions d'exemplaires en 24 heures pour 815,7 millions de dollars de revenus le jour 1. Le milliard a été franchi en trois jours. À l'époque, c'était le record absolu d'un produit de divertissement, jeu vidéo et cinéma confondus.
Konvoy prédit donc plus du double sur les unités jour 1 (25 millions contre 11,21) et presque le triple sur les revenus (environ 2 milliards contre 815 millions). L'écart est énorme, mais la logique s'explique : les sondages de précommande explosent, les bandes-annonces ont battu tous les records de vues sur YouTube, et le prix a glissé de 59,99 dollars en 2013 à très probablement 80 en 2026.
Mais la comparaison cache un problème.
Le piège du parc console
À la sortie de GTA V sur PS3 et Xbox 360, le parc combiné approchait les 160 millions d'unités dans le monde. Le matériel avait sept ans, il était bon marché, présent dans presque chaque salon. Les acheteurs étaient déjà là, manettes en main.
Regardons maintenant la photo de 2026. Sony a annoncé 92,2 millions de PS5 expédiées au 31 décembre 2025. La Xbox Series X|S tourne autour de 34,2 millions selon VGChartz. Soit environ 126 millions combinés aujourd'hui. Même avec de bons trimestres de fêtes, le chiffre réaliste pour novembre 2026 atterrira plutôt entre 140 et 150 millions. C'est plus petit que le marché disponible pour GTA V à sa sortie.
Du coup, 85 millions d'unités en 60 jours, le plafond Konvoy, demanderait que près de 60 % de tous les possesseurs PS5 et Xbox Series sur la planète achètent GTA VI en deux mois. GTA V a mis cinq ans pour atteindre 100 millions. Même avec la marque la plus forte du jeu vidéo, la pente est raide.
Le pari console et le PC qui manque
C'est là que se cache le vrai pari de Take-Two. Pas de version PC au lancement. Le schéma Rockstar (RDR2, GTA V) prévoit en général une sortie PC entre douze et dix-huit mois après la fenêtre console. Donc pour jouer en novembre 2026, soit on possède déjà une PS5 ou une Xbox Series, soit il faudra en acheter une.
C'est le levier. Sony a déjà calmé les rumeurs de pénurie en confirmant que le stock de PS5 sera suffisant. Les packs PS5 Pro avec GTA VI semblent inévitables, et la fenêtre novembre-décembre 2026 est taillée pour basculer les joueurs PC dans le « tant pis, je prends la console ». Si seulement 10 % du public PC bascule, cela représente des millions de consoles supplémentaires en magasin, et donc autant de copies vendues en plus.
Lecture honnête : les 85 millions de Konvoy, c'est le scénario plafond, tout va bien pour Rockstar. Une trajectoire plus crédible ressemble à 20 ou 25 millions le jour 1 (le parc actuel peut l'absorber), 50 à 60 millions à fin janvier 2027, et un chiffre d'affaires entre 4 et 5 milliards en deux mois, à un prix moyen de 80 dollars. Toujours un record. Toujours le plus gros lancement de l'histoire du divertissement. Mais pas 7,6 milliards.
Ce qu'on ne sait pas encore
- Le prix réel. Strauss Zelnick parle de 70 à 80 dollars, Pachter pousse pour 100 sur une deluxe, la franchise s'est historiquement calée sur la borne basse du premium. Le revenu jour 1 bouge d'un milliard selon le tarif retenu.
- La conversion des précommandes. Les 800 millions de Konvoy supposent 10 millions d'unités déjà bloquées. Les chiffres publics côté revendeurs ne sortiront pas avant la rentrée 2026.
- La fenêtre PC. Si Rockstar surprend tout le monde avec un portage la même année, le pari console s'écroule et le calcul des unités change complètement.
- La dépense moyenne par joueur dès le jour 1. Konvoy modélise 20 dollars par joueur et par mois dès le lancement. C'est agressif vu l'historique de GTA V, où la dépense s'est étalée sur plusieurs années, pas plusieurs semaines.
Ce qu'il faut surveiller
La prochaine présentation des résultats Take-Two sera le moment de bascule entre rumeur et signal. Si la direction relève ses prévisions annuelles et pointe les précommandes GTA VI comme moteur, le camp optimiste obtient une validation indirecte. Si elle reste sur la fourchette prudente, le consensus analyste va revenir vers le scénario DFC à 3,2 milliards la première année. Quoi qu'il en soit, la seule date qui compte d'ici là, c'est le 19 novembre.




